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   La grotte préhistorique de Bédeilhac est située sur le territoire de la commune de Bédeilhac, canton de Tarascon sur Ariège.
 
 Cette caverne aux dimensions gigantesques a le triste privilège d’avoir, outre une préhistoire originale, une histoire récente, à l’origine de légendes aussi fausses qu’injustifiées.
On peut dire sans crainte de se tromper que la grotte de Bédeilhac a servi de refuge à toutes les époques, depuis le XIVème millénaire, jusqu’à nos jours. Cette caverne recèle des vestiges du paléolithique supérieur, du néolithique, des âges du bronze et du fer, du gallo-romain, du moyen âge et ... de la dernière guerre de 1939-1945.
Après les premières découvertes préhistoriques du début du siècle, cette vaste cavité, d’accès facile, excita la curiosité d’une foule de gens, savants sérieux, mais aussi chercheurs à la petite semaine, qui convergèrent vers Bédeilhac et si de nombreuses et magnifiques découvertes furent faites, des dégâts irréparables furent commis. On peut dire que les gisements archéologiques furent pillés : les œuvres d’art préhistoriques (gravures sur argile, sur os, bois de rennes sculptés, gravés etc.) foisonnent de par le monde, au hasard de musées ou de collections privées. Des publications sur ces découvertes sont rares sinon inexistantes, ce qui est une perte irréparable pour la science. Pour corser le tout, lors de la déclaration de guerre de 1939, le constructeur d’avions français Dewoitine pensa à mettre ces usines à l’abri d’éventuels bombardements et choisit pour cela deux grottes ariégeoises : le Mas d’Azil et Bédeilhac.
 
 Si au Mas d’Azil tout resta pratiquement à l’état de projet, il n’en fut pas de même à la grotte de Bédeilhac, où de vastes travaux furent entrepris : création de la route d’accès, nivellement du sol de l’entrée, etc. Les travaux furent stoppés par l’armistice de 1940 mais lorsque les allemands en novembre 1942 occupèrent la zone sud, les travaux reprirent, cette fois sous la direction de l’armée allemande et de la célèbre organisation Todt.
Ainsi furent construits les bâtiments de l’entrée – actuellement salle d’accueil et des collections – le sol bétonné sur 100 m de longueur et nivelé sur plus de 350 m. On peut penser que ces travaux de nivellement détruisirent irrémédiablement la plupart des vestiges préhistoriques enfouis en ces lieux.
Lors des combats de la libération en 1944, le matériel entreposé dans la grotte dont deux carcasses d’avions allemands fut détruit. Ce fut là le point de départ de la légende, selon laquelle l’aviation allemande, la Luftwaffe, avait utilisé la grotte comme piste d’atterrissage souterraine. Cela est faux, jamais les allemands ne firent atterrir ou décoller un avion dans la grotte. Les avions en mauvais état qui y avaient été entreposés avaient été transportés par route.
 Par la suite, la grotte fut tour à tour occupée par l’armée française qui en fit un dépôt de matériel puis par une entreprise locale qui utilisa la cavité comme lieu de stockage pour sables et graviers, transformant ce lieu hors du commun, en une véritable poubelle industrielle. Tout cela est maintenant terminé et n’est plus que mauvais souvenir. Un maximum a été sauvé et Bédeilhac peut reprendre sa place de site préhistorique au même titre que ses célèbres voisines.
 La salle des éboulis. Explorez la salle en virtuel !
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Textes de René Gailli, qui a écrit de nombreux ouvrages relatifs aux sites de Bédeilhac et de La Vache en Ariège. Ils sont disponibles aux Editions Lacour à Nimes.