L’entrée
amont de la grotte du Mas, complexe souterrain grandiose
traversé par une rivière tumultueuse,
l’Arize, est une véritable merveille
naturelle. Le porche atteint à cet endroit
une hauteur de 65 m pour une largeur de près
de 50m. Cette immense entrée se poursuit
sur environ 300m. La sortie aval, en direction de
l’agglomération du Mas, est de dimensions
plus réduites.
Le Mas paraît avoir au cours des âges
joué sans arrêt un rôle d’asile.
De par sa position, le site était prédestiné,
hommes et animaux ne s’en privèrent
pas.
Dès le paléolithique moyen, la faune
fréquenta les galeries de l’immense
cavité, qui sont un véritable ossuaire.
Ours des cavernes, rhinocéros, mammouths
se retrouvent à profusion et font la joie
des paléontologues. L’homme occupa
la grotte, lors du déclin de la dernière
glaciation et tous les vestiges de sa présence
devenus dépôts archéologiques
font encore de nos jours la délectation des
préhistoriens.
La grotte fut occupée en permanence à
partir du XVème millénaire par les
tribus magdaléniennes d’abord, ensuite
par les peuplades aziliennes qui tirent leur nom
du site, suivies plus tard par les gens du chalcolithique
et du bronze. Pendant les périodes troublées
de l’histoire, la grotte retrouva à
nouveau son rôle d’asile. Les premiers
chrétiens, les cathares traqués lors
de la croisade contre les albigeois, les huguenots
chassés de leurs villages lors des années
sombres des guerres de religion s’y réfugièrent
tour à tour. En 1636, le cardinal Richelieu
fit raser les fortifications de la ville et sauter
les installations de la grotte dans la grande salle
du temple.
Jusque vers le milieu du siècle dernier les
diligences devaient franchir le Plantaurel, par
une côte longue et raide. Au début
du second empire, il fut décidé la
construction d’une route, suivant le cours
de la rivière, à l’intérieur
de la grotte. Pour asseoir la chaussée, on
utilisa les cailloux des berges mettant au jour
les gisements archéologiques enfouis en ces
lieux, lesquels devinrent le rendez-vous des grands
noms de la préhistoire : Piette, Breuil,
Bégouen, Péquart, Mandement, Alteirac... |
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Lors
des premières fouilles, Edouard Piette reconnaissait
l’originalité d’une couche archéologique,
avec silex très petits, les «microlithes
», harpons larges et plats en bois de cerf,
galets peints etc. Ces vestiges très particuliers,
typiques de la grotte furent baptisés «
aziliens ».
En 1903, Breuil découvrait les premières
peintures et gravures de la grotte. Par la suite,
Joseph Mandement, poursuivant le dégagement
de plusieurs galeries, augmenta le nombre des figurations
préhistoriques de la caverne. La galerie
Breuil très difficile d’accès
ne peut être visitée. Les parois portent
de nombreuses peintures et gravures dont de très
subtiles utilisations de reliefs naturels. Sur une
des parois des poissons sont finement gravés.
Il s’agit là d’un sujet fort
rare, les poissons représentés dans
l’art pariétal pyrénéen
pouvant se compter sur les doigts d’une seule
main.
Une des salles supérieures est dénommée
salle Dewoitine et recèle d’importants
vestiges osseux en particulier d’ours des
cavernes ainsi que de mammouths.
Auparavant, la grotte disposait d’un petit
musée intérieur où l’on
pouvait admirer dans des vitrines des ossements,
des silex ainsi que de l’outillage osseux
provenant des diverses fouilles. Les responsables
ont décidé de créer un musée
mieux protégé au centre de l’agglomération
du Mas.
Nous conseillons aux visiteurs d’effectuer
le détour et d’aller voir ce musée,
complément indispensable de la visite, pour
avoir une bonne compréhension du site. Les
fouilles du Mas, notamment celles de Saint Just
Péquart, ont livré, dans les couches
magdaléniennes, des œuvres d’art
en os et en bois de renne en grande quantité.
Certaines sont vraiment exceptionnelles, tel le
célèbre « faon aux oiseaux »
propulseur en bois de renne magistralement sculpté
représentant un faon de renne tournant la
tête pour regarder sa croupe, où sont
posés deux oiseaux se becquetant amoureusement.
Curieusement, un objet presque identique fut découvert
quelques années plus tard, à la grotte
de Bédeilhac, preuve s’il en était
besoin, que les techniques faisaient école
et que la communication existait entre les diverses
tribus.
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